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Gabor Szilasi reçoit le prix Paul-Émile-Borduas 2009

26 octobre 2009

Québec (Québec) Canada

http://www.mcccf.gouv.qc.ca/index.php?id=2328&tx_ttnews[tt_news]=5241&cHash=22205270dd

 Le prix Paul-Émile-Borduas 2009, la plus prestigieuse distinction accordée par le gouvernement du Québec dans le domaine des arts visuels, du design, de l’architecture et des métiers d’art, est attribué au photographe Gabor Szilasi. Le lauréat recevra son prix à l’occasion d’une cérémonie officielle qui se déroulera le 3 novembre prochain à l’Assemblée nationale.

Au cours des 50 dernières années, Gabor Szilasi a créé un corpus photographique impressionnant dont l’esthétique et la valeur anthropologique sont uniques. Au croisement de la tradition humaniste européenne et du documentaire social américain, l’œuvre de l’éminent photographe présente un regard très personnel sur son pays natal, la Hongrie, et sur son lieu d’adoption, le Québec, ses habitants, ses artistes et ses paysages campagnards et urbains.

Le lauréat du Paul-Émile-Borduas 2009 est né à Budapest en 1928. Il s’intéresse à la photographie après avoir été forcé de mettre fin à ses études de médecine pour des raisons politiques. Il fuit la Hongrie après la révolution de 1956, comme le feront des dizaines de milliers de ses compatriotes, et s’installe à Montréal en 1959. C’est dans la métropole québécoise qu’il décroche un emploi de photographe à l’Office du film du Québec, ce qui lui permet de perfectionner sa technique et son art. Entre-temps, Gabor Szilasi s’intègre de façon naturelle au milieu artistique montréalais auquel il consacre une série de portraits qui s’étend sur plus de 40 ans.

À la faveur des voyages que son travail lui demande, il découvre le Québec rural. Avec l’œil du citadin venu des Vieux Pays, il admire la simplicité des habitants, la dimension sociologique de leur environnement quotidien et la splendeur de la nature qui les entoure. Gabor Szilasi y trouve l’inspiration de son premier grand projet artistique. Il réalise une série de photographies sur les communautés de l’île aux Coudres et de la région de Charlevoix, série qui fera l’objet d’une exposition d’abord présentée en 1970 au Studio 23 à Montréal, puis à Chicago, à London en Ontario et à Vancouver. Ces œuvres seront aussi vues ailleurs dans le monde à l’occasion des rétrospectives qui jalonnent la carrière de Gabor Szilasi.

Au début des années 70, il devient professeur au Cégep du Vieux-Montréal. Pendant cette décennie, Gabor Szilasi parcourt toujours le Québec à la recherche des images fortes et denses qui rendront son travail reconnaissable entre tous. Les portraits, les intérieurs pittoresques des maisons, les sites ruraux, l’architecture et les paysages de la Beauce, de Lotbinière, de l’Abitibi-Témiscamingue et du Saguenay–Lac-Saint-Jean deviennent, devant son appareil photo, des sujets prodigieux pour son œuvre documentaire. « L’important, c’est de photographier le monde tel qu’il est dans le présent », recommande-t-il à ses étudiants. Et c’est ce qu’il fait lui-même lorsqu’il dépeint le Québec à l’aide de son appareil photo 4 x 5 avec une touchante précision.

Dès 1979, ce sont les étudiants de l’Université Concordia qui fréquenteront ses classes, et ce, jusqu’au moment de sa retraite en 1995. Les exigences de ce nouvel emploi forcent le professeur Szilasi à jeter l’ancre dans la métropole. Il entreprend dès lors un nouveau projet, une série de photographies sur sa ville. Les vues panoramiques d’intersections de Montréal et les enseignes lumineuses de ses commerces, les artistes et les Montréalais eux-mêmes attirent son viseur et sa curiosité.

Les expositions solos et collectives se succèdent et le travail de Gabor Szilasi fait vite l’objet d’une très large diffusion internationale. On le présente en Italie, au Portugal, en France, en Suède, en Pologne, en Hongrie, en Belgique, aux États-Unis et bien sûr au Canada où son œuvre jouit d’une notoriété considérable. En 2004, il reçoit d’ailleurs le Prix hommage pour l’œuvre d’une vie de l’Association canadienne des photographes et illustrateurs en communications de Montréal. Gabor Szilasi a été à maintes reprises boursier du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec.

Les responsables des collections publiques et privées connaissent et estiment la production de Gabor Szilasi. Ainsi, des œuvres du photographe montréalais font partie des collections des plus grands musées québécois et canadiens et de musées étrangers, comme le Stedelijk Museum d’Amsterdam et le Fotografiska Museet de Stockholm.

Il faudra attendre 2011 pour revoir au Québec, plus précisément au Musée McCord à Montréal, la rétrospective de ses œuvres intitulée L’Éloquence du quotidien. D’abord présentée l’été dernier au Musée d’art de Joliette qui l’a produite en collaboration avec le Musée canadien de la photographie contemporaine, cette exposition est accueillie en ce moment par le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa jusqu’au 17 janvier prochain. Par ailleurs, le Conseil des arts de Montréal fait tourner depuis juillet et jusqu’en février 2011, dans huit centres d’exposition de la métropole, l’exposition Famille, composée de 38 images de famille prises à travers les années.

Le prix Paul-Émile-Borduas 2009 qui sera remis le 3 novembre à Gabor Szilasi pour sa carrière remarquable reconnaît sa contribution exceptionnelle au développement de la pratique artistique de la photographie au Québec. M. Szilasi a réuni pendant sa longue et fructueuse carrière un patrimoine inestimable qui marquera longtemps et de façon durable la mémoire et l’imaginaire collectifs québécois.

Le site Web wwww.prixduquebec.gouv.qc.ca proposera une entrevue exclusive avec le lauréat du prix Paul-Émile-Borduas dès le 3 novembre.

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