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Des modifications de programmes au Conseil des Arts du Canada qui ne font pas l’affaire des artistes en arts visuels

11 novembre 2004

RCAAQ

Montréal, le 9 novembre 2004

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Le 2 novembre dernier, à Montréal, une centaine d’artistes en arts visuels ont participé à la rencontre de consultation que tenait le Service des arts visuels du Conseil des Arts du Canada. Cette rencontre avait pour but de recevoir des avis des artistes professionnels et des autres personnes intéressées aux modifications que ce Service propose d’apporter au programme de bourses aux artistes en arts visuels.

Selon les données du Chef du service, Monsieur François Lachapelle, seuls 10% des artistes qui font des demandes de bourses actuellement se voient octroyer des sommes qui sont des encouragements « au travail indépendant de création ». Trois catégories d’artistes, selon le programme actuellement en vigueur, peuvent recevoir des bourses, soit les artistes en début de carrière, les artistes à mi-carrière et les artistes établis. Les bourses s’échelonnent entre 3 000 $ et 34 000 $ selon la catégorie.

Les modifications que propose Monsieur Lachapelle ont pour but de favoriser le développement de la carrière ainsi que la visibilité et la reconnaissance sociale des artistes et d’amener un taux de réponse plus élevé, tout en remettant le même nombre de bourses. Pour y arriver, la proposition du Conseil des Arts du Canada tente de diminuer le nombre de demandeurs en créant des périodes d’interdiction de deux ans ou de cinq ans. Elle ne soutient que des projets qui favorisent le développement de la carrière, du moins pour les deux nouvelles catégories Projet d’exposition et Première exposition individuelle. Dans ces deux catégories, les demandeurs devront faire état d’une exposition confirmée dans un lieu professionnel reconnu. Les sommes remises ne dépasseront pas 5 000 $ et 10 000 $. Des bourses de Développement de carrière de 50 000 $ par année, jusqu’à trois ans, seront disponibles pour des artistes établis qui présentent des antécédents exceptionnels connus.

La réaction des artistes montréalais à ces propositions a été tout à fait négative, sauf à l’égard des bourses de Développement de carrière. Ils ont à tour de rôle blâmé le Conseil pour son virage carriériste et lui ont reproché de les abandonner aux acteurs du marché. Plusieurs se demandent maintenant si le Conseil a l’intention de soutenir des carrières exceptionnelles plutôt que des œuvres exceptionnelles, au mépris de ses orientations antérieures. Selon eux, il fait fi des besoins des artistes en liant toute demande de bourses à des projets d’exposition.

Qu’adviendra-t-il de l’artiste qui a besoin de ressourcement? Qu’advient-il de la création, de la recherche, du développement? Qu’arrivera-t-il aux artistes qui veulent créer sans passer par des lieux professionnels, dans la rue, in situ, seuls ou en groupes, etc? Les artistes de régions qui ne sont pas métropolitaines formeront-ils une deuxième catégorie? Les comités de consultation du CAC seront-ils forcés de ne sélectionner que des artistes exposant dans les plus grandes institutions, puisqu’il s’agit de développement de carrière?

Autant de questions qui ont forcé Monsieur Lachapelle à promettre que ses propositions seraient revues et corrigées. Il a notamment affirmé qu’il entend « conserver l’accès à une composante de recherche-création qui ne soit pas attachée à une diffusion garantie. Que le message clair (des artistes) va l’aider à développer un autre modèle. » Son collègue, Michel Gaboury, agent de programme, a promis de revoir les sommes à la hausse, « jusqu’à 20 000 $ ou 25 000 $. » Il a aussi affirmé que « les chiffres des années d’interdiction vont être revus. » Enfin, François Lachapelle a annoncé deux étapes supplémentaires de consultation. Une première avec le RAAV et CARFAC aurait lieu en décembre ou janvier prochain. Une deuxième étape réunirait « une dizaine d’artistes dans un assez gros comité consultatif passant à travers l’ensemble des commentaires», comité dont la date n’a pas été précisée.

La rare unanimité qui s’est manifestée à Montréal, le 2 novembre dernier, est un signal que le Conseil des Arts du Canada demeure une institution auxquels sont profondément attachés les artistes. Ils s’indignent avec raison de changements qui mettent la création artistique en péril en la liant presque exclusivement aux forces du marché par le « maintien de rapports … étroits avec les organismes de présentation et d’autres professionnels, tels les conservateurs, critiques, marchands d’art et acheteurs. » Ils ont demandé que le Conseil revienne à sa mission première : soutenir la recherche et la création. Le RCAAQ, présent à cette rencontre, entend bien suivre de très près toutes les futures étapes de ce dossier, bien qu’il ne soit pas invité à y participer.

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Source :Bastien Gilbert, direction@rcaaq.org

Program modifications that nobody needs

Montreal, November 9, 2004

On November 2 in Montreal, nearly one hundred visual artists participated in the consultation forum held by the Visual Arts Section of the Canada Council. The aim of the forum was to gather the opinions of professional artists and other people who are interested in the Section‚s proposal to bring changes to the grant program for visual artists.

Montreal artists reacted negatively to these proposals, except those regarding Career Development grants. One after the other, they blamed the Council for its sudden careerist change in policy and criticized it for leaving them to market players. Some people now wonder whether the Council intends to support exceptional careers rather than exceptional works of art, in disregard for its past positions. According to them, it is snapping its fingers at artists‚ needs by linking grant applications to exhibition projects. What will happen to artists who need to refresh their ideas? What will happen to creation, research and development? What will happen to artists who, instead of working in professional venues, want to create in the street, in situ, alone or in groups, etc.? Will artists from more rural areas form a second category? And since it is all about career development, will the Canada Council consultation committees be forced to choose only artists who exhibit in the biggest institutions?

All of these questions prompted Mr Lachapelle to promise that his proposals would be revised and updated. He notably asserted that he intends « to preserve access to a research-creation component which is not linked to guaranteed diffusion. The clear message (of artists) will help him develop a new model. » His colleague, Michel Gaboury, program agent, promised to scale up sums « to $20,000 or $25,000. » He also stated « that the number of years during which artists may not apply for grants would be revised. » Finally, François Lachapelle announced two additional steps in the consultation process. The first will take place in December or January with RAAV and CARFAC, and the second will bring together « about ten artists in a large advisory committee to examine all of the opinions. » The date has yet not been set.

The unusual unanimity seen in Montreal on November 2 is a sign that artists are strongly attached to the Canada Council. They are rightly upset about the changes which jeopardize artistic creation by linking it almost exclusively to market forces through « the preservation of close ties with exhibition bodies and other professionals such as curators, critics, art dealers and buyers. » They asked for the Council to come back to its original mission to support research and creation. The RCAAQ was present at the forum and intends to keep up with all future developments, but has not been invited to participate.

Source: Bastien Gilbert, direction@rcaaq.org


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