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Jana Sterbak lauréate du prix Paul-Émile-Borduas

October 31, 2017

Québec (Québec)

Jana Sterbak. Photo : © Denis Labelle

Illustrant les mythes du monde contemporain, l’œuvre de Jana Sterbak est percutante, d’un point de vue à la fois esthétique et conceptuel.

Par son approche interdisciplinaire intelligente, l’artiste d’origine tchèque assure l’adéquation entre le concept derrière ses œuvres et l’originalité des matériaux périssables et organiques qu’elle emploie pour leur donner vie sans égard à la pérennité. « Une œuvre d'art vraiment réussie représente plus que la somme de ses parties, exprime-t-elle. Chaque pièce est une exploration qui aboutit à sa conclusion particulière et répond à sa propre logique. »

Née à Prague, Jana Sterbak émigre à Vancouver à la fin des années 1960. Elle élit ensuite domicile à Montréal où elle obtient, en 1977, son diplôme en beaux-arts de l’Université Concordia. Elle se fait rapidement remarquer en participant à la définition d’une scène artistique québécoise radicale et communautaire. À ses débuts, son succès lui ouvre des portes jusque-là inaccessibles pour les artistes de l’époque.

Matériaux et savoirs traditionnels, scientifiques et industriels sont conjugués dans les nombreuses œuvres performatives et installatives inscrites sur sa feuille de route. Avec la condition humaine comme sujet de recherche, elle aborde la fragilité de l’être et sa fatalité existentielle. Qu’il s’agisse de sculpture, de photographie, de vidéo ou d’installation, les créations qui naissent de son génie artistique suscitent invariablement l’intérêt, sans jamais être prévisibles.

En 1989, l’artiste québécoise est invitée à la Biennale canadienne d’art contemporain. L’année suivante, l’invitation lui vient de l’Exposition internationale d’art contemporain de la Biennale de Venise. Cette participation à l’une des plus anciennes et prestigieuses manifestations artistiques au monde a pour effet de l’introduire dans des musées et galeries en Europe. Ce rayonnement en sol européen facilitera aussi son entrée en Australie, en Asie, aux États-Unis et au Moyen-Orient.

Chaque fois plus assumées, les œuvres de Jana Sterbak prennent place dans près d’une centaine de collections et d’expositions de lieux culturels de renom, dont le Musée d’art contemporain de Montréal, le Musée des beaux-arts du Canada, le Museum of Modern Art de New York ainsi que le Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou de Paris.

C’est pour le Musée national des beaux-arts du Québec qu’elle imagine Dissolution (Auditorium), une installation qu’elle chérit particulièrement. Cette création « à la fois drôle et dramatique » est, selon elle, un des temps forts de sa carrière. L’œuvre inusitée regroupe des chaises constituées de tuyaux d’acier et de glace qui fond au gré de l’exposition, laissant pour seules traces de son passage de l’eau et du métal.

En 1991, Vanitas : robe de viande pour albinos anorexique fait plus de bruit que ne le souhaite son auteure et devient, dans la controverse, sa première œuvre reconnue internationalement. Souvent censurées, ses créations n’expriment pourtant pas de position philosophique ou politique.

Jana Sterbak fait un second passage à la Biennale de Venise en 2003, après avoir été choisie pour y représenter le Canada avec From Here To There. Cette œuvre mettant en vedette Stanley, le chien caméraman insolite, traite du pouvoir, du contrôle et de l’utilisation de la technologie pour dépasser les limites du corps humain, thème qu’affectionne particulièrement l’artiste. Dans cette création qui marque l’imaginaire, elle laisse l’animal se promener librement avec une caméra fixée sur le corps, remettant en question la vision humaine du monde.

Les expositions The Real Princess, Mask et Les Papesses, cette dernière au Palais des Papes, à Avignon, auxquelles elle participe dans les années 2000, coïncident avec le retour du thème de la féminité et du conditionnement social qui lui est associé.

La carrière de Jana Sterbak est récompensée à maintes reprises. Elle remporte, entres autres, le prix de la Fondation John Guggenheim, dans les années 1990; le prix Lynch-Stauton du Conseil des Arts du Canada, en 1994; le prix Ozias-Leduc de la Fondation Émile-Nelligan, en 1996; et le Prix du Gouverneur général du Canada, en 2012. En 1993, elle est la première personne à remporter le prix Guichard décerné par le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne, en France.

Figure emblématique de la scène artistique internationale depuis plus de quarante ans, Jana Sterbak y rayonne et, ce faisant, met en lumière le Québec en tant que lieu fécond de conception et de diffusion de l’art. Son influence auprès des jeunes artistes et critiques féminines est particulièrement importante.

http://www.prixduquebec.gouv.qc.ca/prix-qc/desclaureat.php?noLaureat=529

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