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Rita Letendre reçoit le Prix du Québec Paul-Émile Borduas 2016

November 7, 2016

Québec (Québec)

Rita Letendre. Photographie : Misterlobat, Wikipédia.

L’art abstrait – cette tendance qui a changé le cours de l’histoire de l’art québécois – est indissociable du nom de Rita Letendre. Dès le début de sa carrière, la jeune peintre émerge de l’anonymat par sa force plastique puisée à même la couleur et la lumière. À observer ses œuvres, sa vie apparaît comme un véritable kaléidoscope éclairé par un faisceau lumineux.

Étudiante à l’École des beaux-arts de Montréal en 1948, Rita Letendre ressent peu d’affinités avec l’art figuratif. Elle trouve davantage sa voie et son style au contact du groupe naissant des Automatistes formé autour de Paul-Émile-Borduas. Ce dernier l’amène vers la liberté artistique et la découverte de soi par l’art. « Il m’a appris que peindre n’est pas de reproduire ce que l’on voit, mais plutôt d’en montrer l’esprit. » Des mots qui résonnent fortement pour cette artiste dont la quête inlassable aura été de comprendre l’univers et la vie au fil de ses œuvres.

Mais bien avant, il y a eu sa grand-mère pour lui ouvrir les yeux. « Elle m’a fait apprécier la beauté des manifestations de la nature dès la petite enfance. C’est peut-être de là que vient toute ma carrière. Cette femme extraordinaire a été ma source d’inspiration parce qu’elle sentait la vie, la vraie vie, même si elle ne savait ni lire ni écrire. Pourtant, elle comprenait mieux la vie que bien des écrivains et des poètes. »

Évidemment, il fallait carburer à l’audace pour être une femme peintre de 19 ans dans un groupe d’artistes non conformistes, en pleine époque du Refus global. « On dit que je suis un esprit rebelle », glisse-t-elle en riant. Qui oserait en douter? Rita Letendre témoigne avoir évolué peut-être plus aisément comme femme dans un milieu artistique d’avant-garde qu’au sein de la société comme telle. « Au moins, je n’avais plus à me défendre d’être une femme. Nous étions des peintres contestataires à la recherche d’un nouveau langage. » N’empêche, son cran a pavé la voie aux femmes artistes des générations suivantes.

Dès sa première exposition, La matière chante, en 1954, elle reçoit l’assentiment de ses pairs et de la critique. Puis, d’un courant à l’autre, d’une technique à l’autre, d’une expérimentation à l’autre, l’artiste se range dans une catégorie à part par ses dialogues vibrants entre mouvement, lumière et couleur. Son exploration du hard edge donne naissance à ses grandes flèches colorées, devenues son thème de prédilection et un emblème du Québec artistique des années 1960. « Je voulais alors comprendre l’espace infini. »

À la même période, Rita Letendre réalise une impressionnante fresque, Sunforce, sur un mur du California State College de Long Beach. Après quoi les commandes d’œuvres d’art public affluent de partout, laissant la signature de l’artiste dans de multiples lieux. Somme toute, la pertinence de sa démarche et la qualité de son corpus ont fait voyager ses œuvres dans plusieurs pays, récoltant sur leur passage les critiques élogieuses. Aujourd’hui, ses tableaux enrichissent les collections tant privées que publiques.

Si elle a vécu dans plusieurs villes en Europe, aux États-Unis et au Canada, son atelier demeure son réel chez-soi, où qu’il soit. « Il y a un million de choses que je ne pourrai jamais exprimer en mots, mais que je pourrais mettre sur une toile. » C’est ainsi que son art aura été source et refuge pour la réflexion. Sa peinture aura incarné sa parole. Et son œuvre, son chemin de vie.


http://www.prixduquebec.gouv.qc.ca/prix-qc/desclaureat.php?noLaureat=519

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